Le problème ?
La start-up Cortix cotée en Bourse et implantée dans toute l’Europe, propose aux petites entreprises une offre simple : un site clé en mains, pour presque rien. Mais plus d’une centaine de clients ont porté plainte en découvrant qu’un montage juridique et financier les obligeait, en fait, à verser des milliers d’euros pour un résultat bâclé.
Comment cela est-il possible ?
Des commerciaux entretenant le flou sur les conditions réelles du contrat, des sites low-cost fabriqués à la chaîne en Tunisie et vendus au prix fort en France, des rentrées d’argent rapides grâce à la revente des contrats à des sociétés de crédit.
Un exemple ?
Mi-septembre, Agnès Cojan, patronne d’une petite entreprise d’assainissement à Lunel (Hérault), reçoit la visite d’un commercial de Cortix.
La conversation, très cordiale, dure trois heures. Et se conclut, raconte l’intéressée, par une offre généreuse : sa société étant la première à être démarchée dans le coin, le site sera conçu gratuitement et les frais d’hébergement resteront modiques. A condition de fournir à Cortix une liste d’autres entreprises locales susceptibles d’être intéressées.
Agnès Cojan signe, mais quelques détails auraient dû l’étonner. Le contrat, dont la case “créancier” reste vide, annonce des mensualités de 143,52 euros. Sans fournir le montant total. Or, en petits caractères, le document précise que l’engagement court pour 48 mois, “durée ferme et irrévocable”. Soit une facture de presque 6 900 euros :
“J’ai fait l’erreur du petit entrepreneur, je ne percute pas. Il y a une telle habileté dans la présentation que vous ne faites pas le calcul, je ne remarque pas que je m’engage pour quatre ans.”
Le secret ?
Sur 30 appels par heure, les opérateurs de Proxitel Communication [filiale tunisienne de Cortix] décrochent au moins un rendez-vous. Et sur le terrain, les commerciaux sont eux aussi efficaces : un rendez-vous sur cinq se conclut par la signature d’un contrat. Ils ont, au préalable, bénéficié d’une formation par Cortix. De quoi renforcer les soupçons des plaignants sur la méthode de vente de la start-up. [...]
Cette méthode, bien connue des commerciaux, c’est celle du “one shot” : une visite à domicile ou sur le lieu de travail, et la signature d’un contrat sur-le-champ. Rien d’illégal, sauf si le commercial a menti ou oublié volontairement certains détails, ou si le produit acheté ne correspond pas à ce qui avait été promis. Difficile à prouver. Les avocats comptent sur l’accumulation de plaintes étrangement similaires pour convaincre la justice.
On est loin du Web Design…